Stéphane Lerre dirige la société Lerre Francis & fils fondée par son père. Economiste de la construction, couvreur, contractant général, expert judiciaire… fort de ses multiples casquettes, ce membre historique de la CAPEB est devenu président de la CAPEB Hauts-de-France en avril dernier.
Vous venez d’être nouvellement élu à la tête de la CAPEB régionale. Quels sont les enjeux de votre mandat ?
Je souhaite assurer la représentativité sur l’ensemble de la région. Pour cela, il nous faut mieux définir les missions des administrateurs. Chacun dans son domaine dispose d’une expertise à mettre en valeur, qui se déclinera au travers de vice-présidences et de délégations clairement définies, car un président ne peut pas tout faire.
Notre autre enjeu c’est aussi de faire venir les jeunes, de les sensibiliser au bâtiment en ayant un fort pouvoir d’attraction. Nous devons faire savoir que nous ne sommes plus dans le bâtiment d’il y a 20 ans. Nous assistons à l’explosion de nouvelles méthodes de construction grâce au déploiement des exosquelettes et à l’arrivée de nouvelles technologies qui vont crescendo dans notre domaine. Grâce à tout cela, la pénibilité sera de moins en moins présente. C’est pour cela que nous travaillons actuellement avec BTP CFA Hauts-de-France sur la création d’une application immersive, qui permettra à nos jeunes de se projeter dans les conditions réelles d’un chantier, en mettant en avant les spécificités de chaque métier et ses évolutions.
Quels sont vos combats du moment ?
Il y a beaucoup de combats à mener. Avec par exemple, la modification de MaPrimeRénov’ en mettant en place le parcours par étape. Plutôt que de globaliser les travaux, il serait plus intelligent de les sectionner sur plusieurs années. Le principe repose aujourd’hui sur le mono-geste. Nous demandons donc de l’élargir à tous les métiers de la rénovation énergétique.
Que pensez-vous justement de la suspension estivale du dispositif ?
Par rapport au premier trimestre 2024, nous avons perdu en région 6% d’activité et les carnets de commandes affichent -12%. Nous n’avions pas besoin d’une nouvelle instabilité dans la mesure où nous avons subi une quinzaine de réformes concernant MaPrimeRenov’. Quant à la création des MAR (Mon Accompagnateur Renov’), ils ont surtout généré davantage de fraudes motivées par les subventions considérables dans le cadre des rénovations globales. La CAPEB avait depuis longtemps mis en garde le gouvernement sur ce risque de fraude massive. Il faut simplifier les choses et nous faire confiance. Nous, entreprises artisanales du bâtiment, avons joué le jeu en nous formant mais cette instabilité permanente a conduit à une nouvelle baisse de 16 % des entreprises RGE en 2024. Nous avons lancé le « GME 3 clics », une application pour faciliter les Groupements momentanés d’entreprises dans le cadre des rénovations globales. Qu’on nous fasse confiance !
Que représente pour vous le salon NORDBAT dont vous êtes partenaire de longue date ?
NORDBAT nous permet de rencontrer les entreprises et d’être aux premières loges pour échanger avec nos partenaires. Nos adhérents ont ainsi accès aux exposants pour découvrir leurs nouveautés notamment en matière d’économie d’énergie et de décarbonation. La CAPEB régionale sera bien évidemment présente, tout comme chaque département avec ses services pour accueillir les entreprises dans les meilleures conditions.
Propos recueilis par J.D
La jeune entreprise française Revcoo développe une technologie innovante de captation du dioxyde de carbone par cryogénie, offrant une solution concrète aux industries confrontées aux émissions "incompressibles".
En réponse aux modes de vie urbains actuels, la mutation de trois bâtiments, dont un ancien parking en un ensemble novateur, est un geste lucide et précurseur. C’est une opération parisienne sans précédent qui a croisé l’engagement de Galia avec le savoir-faire de plusieurs architectes et architectes d’intérieur dont PCA-STREAM, Marika Dru...