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FÉVRIER 2026

L’Intelligence Artificielle débarque dans l’univers du bâtiment

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L’Intelligence Artificielle débarque dans l’univers du bâtiment

26-03-2026

Réunis en table ronde lors de l’édition 2026 du salon NORDBAT, Olivier Riauté, Architecte-fondateur de Keurk architecture, Martial Copin, Directeur associé d’Impact conseils & Ingénierie, Grégory Stoops, Président du Groupe Stoops et Julien Panico, DG de JCP et Président de la CAPEB Somme ont esquissé les contours d’une filière en pleine mutation. Si l’IA n’est plus une fiction, son déploiement pose la question de la redéfinition des compétences et de la valeur ajoutée humaine sur toute la chaîne de la construction.

 

Au bureau comme sur chantier

Pour les intervenants, le premier impact visible se situe dans la "machine administrative". L’IA automatise désormais les tâches chronophages : analyse de dossiers d’appels d’offres, rédaction de mémoires techniques, facturation et même aide à la modélisation.

“Depuis mon camion, entre deux chantiers, je dicte mes emails”, explique Julien Panico. Auteur d’une thèse sur l’IA pour les Ponts et Chaussées, celui qui fut bêta-testeur de ChatGPT avant sa mise sur le marché grand public utilise au quotidien cet outil. “Avec l’IA, je fais de la vérification du respect de DTU ou encore de la recherche de pathologies”, détaille-t-il. Avec la Capeb, il participe en outre au déploiement de "IArtisans", une IA entraînée spécifiquement pour renseigner les artisans du bâtiment.

 

Au sein de son bureau d’études, Impact Conseils, Martial Copin considère lui l’IA comme un “assistant technique”. “Il me sert pour réaliser des comptes-rendus de réunion et pour de la prise de note automatique lors de visioconférences. Je l’utilise aussi pour réaliser de la recherche documentaire et réglementaire. L’IA nous donne accès à des sources bibliographiques du monde entier qu’il est aujourd’hui très facile de traduire”, raconte celui qui est également membre de l’AICVF. Enfin, ce super assistant lui offre la possibilité de réaliser rapidement des analyses comparatives de devis ou encore de traiter et d’analyser un grand volume de données.

 

L’intelligence artificielle trouve aussi des applications sur les chantiers, c’est notamment un outil puissant pour réaliser les métrages. “Dernièrement testé à l’aide de lunettes connectées, j’ai mis une demi-journée pour faire un métrage qui m’en prenait plusieurs en méthode traditionnelle auparavant”, témoigne Julien Panico. “Couplé à un système de reconnaissance optique, nous l’utilisons pour la gestion de notre magasin de matériel”, raconte de son côté Grégory Stoops. Le dirigeant de Rouvroy (62), l’utilise aussi pour tout un ensemble de tâches administratives : facturation automatique qui alimente un tableau de bord, suivi de chantier ou encore écriture de courriers.

 

Olivier Riauté, architecte, apporte un éclairage sur la phase de conception. “L’IA générative permet d’explorer des milliers de variantes architecturales en un temps record, en intégrant immédiatement des contraintes réglementaires ou environnementales. Une collaboration avec la machine permet ainsi de pousser plus loin la réflexion”, selon lui. Si tous s’accordent sur le risque de disparition des métiers liés aux tâches administratives, ils vantent la libération de temps qu'offrent les outils d’IA afin de se concentrer sur leur cœur de métier et mieux valoriser l’intelligence de la main.

 

Quid de la fiabilité et de la sécurité ?

La plupart des versions payantes des outils d’intelligence artificielle générative assurent une certaine confidentialité des données traitées. Travailler en local s’avère toutefois moins énergivore et plus sécuritaire pour les données que les entreprises leur confient. “Mais comme pour tout prestataire, le risque zéro n’existe pas”, prévient Julien Panico. Sans compter la prédominance des outils américains que n’a pas manqué de souligner nos professionnels.

 

Comment passer à l’action ?

Pour monter en compétences sur des intelligences artificielles de toutes sortes, passer par la case formation semble un préalable plébiscité par tous. Une base, avant de pourquoi pas, monter encore d’un cran son usage. “L’étape supérieure consiste à créer son propre modèle d’IA, hébergé sur un serveur privé, dit LLM local. Cela permet de capitaliser sur l'historique et le savoir-faire de l'entreprise pour générer des documents techniques”, explique Martial Copin. C’est dire les potentiels… Pour les entreprises du secteur, le défi n’est donc plus seulement d'adopter ces technologies d’IA, mais de savoir les dompter pour en faire un levier stratégique.

 

Olivier Riauté, Architecte-fondateur de Keurk architecture, Martial Copin, Directeur associé d’Impact conseils & Ingéniérie, Grégory Stoops, Président du Groupe Stoops et Julien Panico, DG de JCP et Président de la CAPEB Somme.

 

Voir la conférence en replay !

 

Photos : Marc Lepretre

Rédaction : Julie Dumez

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