D’ici 2030, l’ancien immeuble de bureaux de 76 mètres doit accueillir 680 logements étudiants et familiaux. Désossage complet, rénovation énergétique par l'intérieur, création d’espaces végétalisés… le chantier s’annonce colossal.
Adjugé vendu ! Cet été, l’Etat a choisi de céder le bâtiment de l’ancienne Cité administrative de Lille au promoteur immobilier Duval, plutôt qu’à Linkcity (filiale de Bouygues Construction), l’autre candidat parvenu en finale de l’appel à candidature. Le tout pour 6,07 millions d'euros. La Direction de l'Immobilier de l'État (DIE) – plus connu sous le nom des Domaines - avait déjà mis le bâtiment une première fois sur le marché à l'automne 2023… avant que la procédure ne soit déclarée infructueuse en juillet 2024. « Nous n’en avions pas pour notre argent lors de la première consultation » a clairement énoncé le préfet de région Bertrand Gaume lors d’une visite du bâtiment en septembre dernier. D’où ce deuxième round lancé en juillet 2025 durant lequel la petite dizaine de candidats intéressés pour réhabiliter cet immeuble iconique de 31 000 m², a dû revoir ses offres à la hausse tout en répondant aux exigences environnementales de la Ville de Lille.
Pour redonner vie aux deux tours en L de 76 mètres de haut, Duval va investir entre 50 et 100 millions d'euros durant les quatre années que durera le chantier. Et ce, afin de transformer 95% de l’ancien immeuble de bureaux en logements. Pour une réouverture espérée à la rentrée universitaire de 2030. Car le bâtiment construit dans les années 1950 accueillera principalement des étudiants. 570 pour être précis. Soit les 2/3 des logements. Le tiers restant se répartit entre résidences pour jeunes actifs, logements sociaux, LLI (Logement Locatif Intermédiaire), BRS (Bail Réel Solidaire) et Résidence à Vocation d'Emploi (RVE), un nouveau type d’hébergement créé par la loi en novembre 2025, conçu pour loger temporairement des personnes qui arrivent dans un nouveau bassin d'emploi sans pour autant faire du tourisme. « Il n’y aura pas que des étudiants. Le bâtiment assurera un vrai parcours générationnel, des plus jeunes au personnes âgées » professe Jérôme Dumoulin, directeur régional adjoint Haut-de-France pour Duval Développement.
N’en déplaise aux détracteurs de l’architecture moderniste des années 50, le bâtiment ne changera (presque) pas d’aspect extérieur. Les ABF ont veillé au contraire à la préservation d’une architecture considérée comme patrimoniale. « On met le bâtiment à nu sans casser les planchers » résume-t-on chez les architectes de l’agence Hamonic + Masson & Associes, choisie pour piloter ce chantier XXL.
Pour préserver l'architecture remarquable de la tour tout en stoppant les passoires thermiques, l'isolation sera entièrement refaite par l'intérieur afin de décrocher l’exigeant label BBC Rénovation (Bâtiment Basse Consommation). La phase de curage inclue le tri et le réemploi des matériaux partout où c’est possible.
L’ex-cité administrative conservera donc son apparence actuelle. A trois exceptions près. Tout d’abord, la guérite sur le toit sera rhabillée de vitres pour accueillir un restaurant panoramique et un roof-top promettant l’une des plus belles vues sur la capitale des Flandres. Les appartements des 5 derniers étages bénéficieront de loggia végétalisées, orientées pour capter la lumière naturelle tout en évitant l'effet de serre. Enfin, et ce sera là la transformation la plus visible du bâtiment : le « quart-de-rond » en béton située au pied de la tour sera démoli pour accueillir un parc paysager de 3 500 m². Un aspect du projet qui a séduit la municipalité, désireuse de casser l'imperméabilisation des sols dans une ville très dense. « La configuration du bâtiment permet d’élargir l’offre de logements étudiants à proximité immédiate de la gare et des stations de métro » s’est félicité Arnaud Deslandes, maire de Lille. L’attractivité du secteur - les appartements s’y négocie à plus de 4000 € m² - devrait permettre de compenser le coût de réhabilitation du bâtiment, estimé entre 1 000 € et 2 000 €/m².
Fiche chantier
Maîtrise d’ouvrage : Duval Développement Hauts-de-France
Maîtrise d'œuvre : agence Hamonic + Masson & Associés
Paysagiste : agence Sempervirens
Ingénierie technique : groupe VERDI
Surface : 20 410 m² SDP, 17 000 m² SHAB

Jérôme Dumoulin, directeur régional adjoint Haut-de-France pour Duval Développement.


L’immeuble de 76 mètres de haut développera 20 000 m² de surface de plancher répartie sur 25 niveaux.

La surface des futurs logements s’échelonne de 45 m² pour un T2 à 60 m² pour un T3 en passant par 19 m² pour un logement étudiant.


La programmation prévoit un commerce en rez-de-chaussée et un restaurant panoramique en rooftop.
Rédaction : Alexandre Lenoir
Frédéric Pissonnier, président de la Fédération régionale des travaux publics (FRTP), évoque pour NORDBAT les opportunités offertes aux entreprises des Hauts-de-France par les nombreux projets de construction de centres de données, infrastructures vitales au développement de l’économie numérique et de l’intelligence artificielle.
Il est des agences d’architecture qui s’installent, avec le temps, dans une certaine monotonie rassurante et d’autres qui ne cessent de se renouveler. Le Penhuel & Associés fait partie de celles qui, selon chaque contexte, regardent vers de nouveaux horizons, recherchent de terrains de jeux inédits, créent des alternatives, bref, explorent tous...