En poste depuis 18 mois, David Larbodie, DG du bailleur social Clésence - 55 000 logements essentiellement dans les Hauts-de-France et en Ile-de-France - fait le point sur l’année 2025. L’occasion aussi d’évoquer le projet d’entreprise Clésence 2030 et ses nouvelles priorités pour les années à venir. Rencontre.
Comment s'est clôturée 2025 ?
L’année a été assez conforme à notre vision. Sur le volet, lien emploi-logement, notre ADN au sein du groupe Action Logement dont on fait partie, nous avons réussi à le maintenir avec environ 60% d'attribution de nos logements à des salariés, une assez bonne performance.
En termes de chiffres, nous avons livré quelque 2100 logements neufs, en avons rénové plus de 3000, signé 7700 baux cette année, et enfin réalisé 320 ventes HLM. Ce qui nous place parmi les bailleurs les plus significatifs des Hauts-de-France.
Mon objectif était également de structurer un projet d'entreprise. Ce qu'on a fait au travers de Clésence 2030, notre trajectoire stratégique pour les quatre prochaines années.
Quelles sont donc vos nouvelles priorités ?
Clésence 2030, c'est à la fois un projet de structuration interne et un projet de développement. Avec d’abord la consolidation d'une ESH qui aujourd'hui pèse 55 000 logements, suite à la fusion de Picardie Habitat, de la maison du CIL et de Logivam. C’est-à-dire que la performance économique et organisationnelle doit être au service de l'utilité sociale, notre mission d'intérêt général.
Notre trajectoire se structure autour de quatre axes. Le premier concerne la responsabilité et la durabilité environnementale avec l'idée de construire aujourd'hui en pensant aux générations futures et à la planète. Cela passe par des logements réversibles pour s’adapter au vieillissement de la population et à la composition des ménages qui change. Cela englobe évidemment la maîtrise foncière, la sobriété, les énergies renouvelables et la biodiversité.
Ensuite, il s’agit de faire de la satisfaction clients notre priorité absolue, grâce à des logements entretenus et en bon ordre de marche. Cela passe aussi par la tranquillité résidentielle, qui devient un enjeu majeur dans nos métiers.
Troisièmement, nous travaillons sur l'innovation opérationnelle via de la maintenance prédictive, ce que permet l'intelligence artificielle, de sorte par exemple qu'on répare nos ascenseurs avant qu'ils ne tombent en panne, ou qu'on tente d'intervenir sur des systèmes de chauffage avant aléas. Pour essayer de mieux accompagner nos publics, notamment ceux en grande précarité et nos seniors, nous travaillons l'innovation sociale.
Enfin, quatrième axe, c'est évidemment notre capital humain avec l'ensemble de nos collaborateurs. Il faut faire en sorte qu’on ait envie de travailler chez Clésence, que les missions qu'on opère aient du sens dans de bonnes conditions de travail, du gardien au directeur général.
Vous intensifiez aussi votre présence dans le Nord…
On essaie d'être là où les territoires et les entreprises ont besoin de logements. Donc oui, car il y a un phénomène de métropolisation autour de Lille. Nous avons vocation à venir compléter l'offre des autres bailleurs pour combler un déficit de logement important. Fin 2026, on devrait donc tangenter les 2000 logements neufs dans la Métropole Européenne de Lille. Sur le neuf, nous investirons 2,8 milliards d’euros à horizon 2030.
Que représente votre effort en réhabilitation?
Sur notre patrimoine d’une moyenne d’âge d’environ 30-35 ans, notre objectif est d’éradiquer les étiquettes E à horizon 2032. D’ici là, on va donc investir à peu près 1 milliard d'euros en réhabilitation. Au global d’ici 2030, Clésence prévoit d’investir entre 3,5 et 3,8 milliards d’euros.
Comment êtes-vous impactés par la hausse des coûts des matériaux?
Puisque les entreprises n'ont pas d'autre choix que de répercuter ces prix, nous sommes impactés sur nos bilans d’opérations. Nous essayons de modéliser ces évolutions-là : elles sont parfois bien anticipées, parfois un peu moins. On négocie au cas par cas. Notre objectif étant de conserver la qualité de ce qu'on produit. Donc vous ne me verrez jamais tirer sur les prix pour avoir de la qualité moindre. Malheureusement, pour certaines entreprises, la situation peut être évidemment compliquée.

L’Agora de Lille (59) est une résidence intergénérationnelle de 84 logements au cœur de la ville, pensée pour le bien vivre ensemble et le bien vieillir chez soi.
Rédaction : Julie Dumez
C’est le plus grand projet de génie civil en Europe. Le Grand Paris Express concerne non seulement un point névralgique francilien mais il couvre toute la métropole parisienne. L’une des pièces du puzzle est la gare Villejuif-Gustave Roussy, savamment conçue et réalisée par Dominique Perrault Architecte.
Portée par Antoine Motte, l’ambition Constructions-3D vient bousculer l’univers de la construction traditionnelle. Depuis sa citadelle des savoir-faire à Bruay-sur-l’Escaut près de Valenciennes, il en fait la preuve par l’exemple. Visite d’un site des plus singuliers.